23/12/2007
ptite pensée
Qui sait souffrir peut tout oser
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14/12/2007
L'air du temps

13:06 Publié dans Pensée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13/12/2007
Un peu de méditaton
Quelques dialogues tiré du film " les éducateurs" ou " die fetten jahre sind vorbei".
Cela mérite un peu de méditation :
La scène : sur le toit d'un building, elle se retrouve avec Jan, le colloc de son petit ami (qui lui n'est pas là).
Julie : pourquoi je peux pas me la fermer!!
Jan : comment ça? je trouve ça super que tu l'aies défendu.
- oui bien sûr, mais j'ai besoin de ce job tu vois?
- non, je vois pas. tu participes à toutes les manifs contre l'exploitation et l'oppression, et de l'autre côté tu es l'esclave de ces salauds de riches.
- pfff... ces manifs ne servent absolument à rien.
- la rébellion est de plus en plus difficile. Avant c'était juste pour les cheveux longs et la drogue, et l'establishement était contre de toute façon. ce qui était subversif alors, tu peux l'acheter librement aujourd'hui : les T-shirt de Che Guevara, les autocollants anarchistes...
- c'est pour ça qu'il n'y a plus de mouvements de jeunes. tout le monde a l'impression que tout a déjà été fait... d'autres ont essayé, et ont échoué, pourquoi ça marcherait pour nous?
- peut-être mais dans chaque révolution il y a une chose de sûre : même s'il y en a qui n'ont pas abouti, le plus important c'est que les meilleures idées aient survécu, et ça vaut pour les révolutions individuelles. ce qui est bon pour toi, ce qui survit en toi, ça te rend plus fort!
- mm... (pause. elle se retourne vers la ville) tu penses quoi : combien de personnes ont des idées révolutionnaires en ce moment?
- en ce moment, pas beaucoup... 22h45, ils sont tous devant la télé...
- probablement...
- l'Européen moyen passe quatre heures par jour à regarder la télé. QUATRE HEURES! ça laisse pas beaucoup de temps pour des idées révolutionnaires...
- mais tu vois le problème, ce n'est même pas que je n'en fasse pas partie. le problème c'est que je ne trouve rien en quoi j'ai vraiment envie de croire. t'as pas une idée pour moi?
-... si...
après quoi ils vont dans les quartiers riches, pour s'introduire dans une maison et mettre le dawa comme Jan et Peter (le petit ami de la fille) ont l'habitude de faire. sauf que cette fois, la cible est un type envers qui Julie a une dette pour avoir massacré sa voiture dans un accident pour lequel elle était en faute. et c'est pourquoi elle se ruine à essayer de rembourser cette dette, et perd espoir.
Malheureusement pour eux le type revient au même moment, et, paniqués, comme il a reconnu Julie, ils l'emmènent avec eux en attendant de savoir quoi faire. Ils partent dans un village isolé à la montagne. la scène qui suit se déroule comme une discussion autour de la table du petit déjeuner. le type qu'ils ont embarqué s'appelle Hardenberg.
Jan : tu gagnes combien par an?
Hardenberg : à peu près 200 000 (euros)
Julie : 3,4 millions. c'est ce que j'ai lu dans le journal.
Jan : tu te sens pas coupable? ruiner la vie d'une jeune fille pour une bagnole qui représente de l'argent de poche pour toi. pourquoi?
H : oui, c'est vrai, j'aurais dû faire plus attention... me préoccuper de qui était impliqué... j'étais stressé... je suis désolé.
Julie : tu bosses combien d'heures par jour?
H : 13 à 14h, facile.
Julie : et tu fais quoi avec tout ce beau fric? tu amasses des trucs. des trucs grands et chers. des bagnoles, des villas, des yachts... pour dire "je suis un mâle alpha". je vois pas d'autre raison. t'as même pas le temps de sortir ton yacht. alors pourquoi vouloir toujours plus?
H : on vit dans une démocratie, j'ai pas à justifier le fait que je possède des choses que j'ai achetées!!
Jan : c'est faux. on vit dans une dictature capitaliste. tu as volé tout ce que tu possèdes.
H : je peux m'acheter plus de choses parce que je bosse plus. parce que j'ai eu les bonnes idées au bon moment. en plus, je suis pas le seul... et tout le monde a les mêmes chances au départ.
Julie : tu t'auto-satisfais beaucoup, hein? en Asie du Sud Est les gens travaillent aussi 13 à 14h par jour. seulement ils ont pas de quoi se payer une villa. ils gagnent 30 euros par mois. ils ont peut-être aussi des bonnes idées mais ils ont même pas assez pour prendre le bus jusqu'à la prochaine ville.
H : désolé de pas être né en Asie du Sud Est!
Julie : tu peux toujours faire en sorte que la vie soit plus supportable là-bas. l'Occident pourrait très bien abolir la dette du Tiers-Monde, c'est que 0,01% de notre PIB! pourquoi on ne l'abolit pas?
H : ça ferait s'effondrer le système monnétaire mondial.
Julie : parce que vous les voulez pauvres! c'est le seul moyen de les contrôler.
H : qu'est-ce que t'en sais!!
Jan : t'as pas annulé la dette de Julie.
H : c'est absurde!
Jan : Non! c'est la base du système. piquer tout ce qu'ont les pauvres. pour les empêcher d'avoir des mauvaises idées.
H : c'est faux. on a des choses à améliorer, mais ça ne va pas changer le système.
Jan : pourquoi pas?
H : parce que c'est dans la nature de l'homme de vouloir être meilleur que les autres. parce que dans chaque groupe un chef finit par se détacher. et surtout parce que... la plupart des gens sont heureux que quand ils achètent de nouvelles choses.
Jan : Heureux? tu crois qu'ils sont heureux, Hardenberg? regarde autour de toi! sors de ton entreprise de voitures deux minutes et marche dans la rue! tu trouves que les gens ont l'air heureux? ou plutôt l'air d'animaux apeurés? regarde les chez eux, la plupart scotchés devant la télé, parlant d'un bonheur révolu depuis longtemps, ballade-toi dans la ville et vois tous ces endroits bondés de monde! les masses dans les supermarchés, partout, comme des robots sur les escalators! personne ne se connaît, ils pensent tous être à une portée de bras du bonheur mais ils ne peuvent pas l'atteindre parce que vous leur avez volé! c'est comme ça, et tu le sais bien.
j'ai un scoop pour toi manager. la machine est en surchauffe. on est les têtes de file. ton temps est bientôt révolu. nage dans ta technologie de merde, il y en a qui arrivent et qui ont la rage. la rage d'enfants coincés dans les banlieues, à mater des films américains. la violence qui les envahit. tu peux pas les endormir éternellement avec des jeux et du shopping. les antidépresseurs ne marcheront bientôt plus. Les gens en ont marre de ce putain de système
H : ... j'admets qu'une part de ce que tu dis est vraie. mais tu te trompes de bouc émissaire. je joue le jeu mais j'ai pas écrit les règles.
Peter : c'est pas le type qui a inventé le pistolet. c'est celui qui appuie sur la gâchette.
...
Julie : tu vois, c'est pas si simple. tu peux pas acheter ta liberté aussi facilement.
13:43 Publié dans Pensée | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note